Pratiquer le Deep Work au travail

Le saviez-vous ?

Dans son livre Deep Work, Cal Newport, professeur d’informatique à l’université de Georgetown et auteur du blog Study Hacks, définit le travail en profondeur comme des « activités professionnelles menées dans un état de concentration absolue qui pousse vos capacités cognitives jusqu’à leurs limites. Ces efforts créent de la valeur, améliorent votre savoir-faire et sont difficiles à reproduire. »

Il les oppose à ce qu’il nomme « le travail superficiel », qu’il définit comme « des tâches logistiques non exigeantes sur le plan cognitif, souvent exécutées en étant distrait. Ces efforts ont tendance à ne pas créer beaucoup de valeur et sont faciles à reproduire. »

A l’origine du concept de deep work, un constat, partagé par tous : notre attention est fragmentée. L’essor de la technologie a détruit notre capacité de concentration. Une étude de 2012 menée par McKinsey a révélé que le travailleur du savoir passe en moyenne plus de 60 % de sa semaine à communiquer par voie électronique et à effectuer des recherches sur Internet, consacrant près de 30 % de son temps à lire et à répondre aux mails. Le travail superficiel, qui nous donne une fausse impression de productivité, remplace désormais le travail en profondeur, qui met l’accent sur la qualité de la productivité et conduit à l’obtention des résultats désirés.

Le travail en profondeur est nécessaire pour extraire de vos capacités intellectuelles toute leur valeur jusqu’à leur dernière goutte.

Cal Newport

Selon l’expérience même de Cal Newport, trois à quatre heures de concentration interrompue et soigneusement ciblée, cinq jours par semaine, peuvent déboucher sur de précieux résultats, ce qu’il appelle « un engagement en territoire profond » : « Le travail en profondeur est nécessaire pour extraire de vos capacités intellectuelles toute leur valeur jusqu’à leur dernière goutte. »

Cultiver l’attention profonde au travail : mode d’emploi !

En cultivant l’attention profonde au travail chaque fois que la situation, ou que la nature de l’activité l’exige, vous offrez à votre attention une profondeur de concentration inégalée qui va vous permettre de créer de la valeur. Grâce au deep work, vous pénétrez dans un tel état de concentration que vous pouvez en oublier le temps, à l’instar de l’expérience optimale de flow théorisé par le psychologue hongro-américain Milahy Csikszentmihalyi et que j’ai souvent cité dans mes différents livres.

Mais le travail en profondeur résulte d’un effort conscient et exige que vous mettiez en place les conditions qui vont favoriser ce dernier : vous devrez vous organiser en amont pour bénéficier de longs créneaux de travail sans interruption. Cela nécessite de couper complètement avec l’extérieur et de déconnecter. Vous pourrez alors bloquer des créneaux de travail en profondeur dans votre agenda et les préserver de toute intrusion.


4 principes pour réapprendre à se concentrer et travailler en profondeur

Cal Newport propose quatre principes pour réapprendre à se concentrer et travailler en profondeur :

  1. Travaillez profondément : décidez vous allez travailler et pour combien de temps. Décidez comment vous allez travailler une fois que vous commencez à travailler. Quels sont vos processus ?Choisissez l’une des 4 approches préconisées par l’auteur :
    1. L’approche monastique (éliminer toutes les sortes de distraction, comme un moine).
    2. L’approche bimodale (définir précisément une période d’isolation pour le travail et de passer le reste du temps à faire ce que vous souhaitez).
    3. L’approche rythmique (faire un travail en profondeur par blocs de temps déterminés, entre 60 et 90 minutes).
    4. L’approche journalistique (consacrer votre temps libre inattendu à un travail en profondeur et cultiver votre conscience sur la manière dont vous passez votre temps plutôt que d’opérer en pilotage automatique).
  2. Pratiquez la méditation productive : prenez une période pendant laquelle vous êtes occupé physiquement, mais pas mentalement — marcher, faire du jogging, aller au travail, vous doucher— et concentrez votre attention sur un seul problème bien défini.
  3. Limitez les réseaux sociaux.
  4. Évitez le travail superficiel grâce à une structure précise : avoir une structure dans votre journée signifie avoir un calendrier complet, mais implique de toujours rester ouvert pour adapter ou modifier les plans si nécessaire. Avec cette structure, vous avez moins d’occasions de vous plonger dans un « travail superficiel ».

Cal Newport, Deep work, Alisio, 2017


Cet article est tiré de mon dernier livre Slow working, 10 séances d’autocoaching pour travailler moins mais mieux (27 mai 2020, Vuibert, Collection My Happy Job).

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